Grogne au sein du personnel du CRP « Les Marronniers ».

Chers amis,

Chers camarades,

Comme vous avez pu le voir ce soir via les différents médias de la région, la CGSP-Admi dont je suis responsable sur la région du Hainaut Occidental a mené une action en front commun syndical avec la CSC et soutenue par le SLFP sur notamment, la manière dont était guidée la gestion des ressources humaines au sein du CRP « Les Marronniers ».

En effet, si on se contente des faits tel exprimer par le trou de la lorgnette de certains, on pourrait se dire que licencier des travailleurs parce qu’un dangereux individu s’est évadé, ne peut être que légitime. Croyez-moi ou pas, si des travailleurs étaient coupables de tels faits, je serais le premier à accepter qu’ils soient licenciés pour motif grave, et il me semble que cela va sans le dire…

Ici, la situation est tout autre surtout pour le cas présent. Je m’en explique :

  • Depuis juin 2017, il a été décidé (à juste titre) de restaurer les douches de l’EDS (établissement de défense sociale).
  • L’avis du service technique n’a pas été suivi, à savoir placer les douches provisoires à l’intérieur de l’enceinte de l’EDS et non à l’extérieur comme décidé par le comité directeur.
  • Donc, depuis ce temps, parce que le fait de faire venir une grue pour placer les douches à l’intérieur de l’enceinte coûtait trop cher (moins que l’achat de certains véhicules de fonction pour certains cadres !!!), le comité directeur a décidé de ne pas suivre l’avis du service technique et donc, de placer les douches provisoires à l’extérieur de l’enceinte de l’EDS.
  • Le sort s’acharnant sur ce pavillon, le portail sécurisé et blindé est tombé en panne et que par conséquent, il est resté en mode « ouvert » plusieurs jours et où en fin de compte, il a été réparé après ladite évasion tout comme les douches ont été terminées…

Alors pourquoi tout ce « Bazard » me direz-vous pour un événement ?

Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé et que les travailleurs en ont marre d’être pris pour des fusibles que l’on fait sauter pour rassurer la population pour lui faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes et que dans tous les cas, l’erreur est TOUJOURS humaine.

Parce qu’être policier ou gardien de prison est un métier à part entière et que ces métiers ne sont en rien comparable avec le fait d’être éducateur en ce y compris dans un milieu aussi difficile et délicat qu’un établissement de défense sociale.

Parce que la sécurité d’êtres humains (que ce soit pour les pensionnaires et/ou la population) est un métier très spécifique qui fait appel à des spécialistes en la matière, a été traduit à juste titre par cette institution par la création d’un service entièrement dédié à cette discipline.

Et que par conséquent, il est trop facile de regarder par le trou de la serrure pour designer lors d’une évasion comme évoquée ici, les maillons qui se trouvent en bout de chaîne comme de parfaits coupables tout en se refusant de regarder en profondeur et sur son ensemble, l’addition d’éléments qui ont permis qu’un tel événement se produise !

Et je le répète, s’il n’y avait que ça, jamais ô grand jamais, une telle mobilisation n’aurait pu se faire car, je vous le répète, il s’agit ici de la goûte d’eau qui fait déborder le vase car, faites-m ’en crédit, on ne peut définir les travailleurs de cette institution (plus de 300 sans oublier les travailleurs qui ont assumés le service continu lors de notre AG sur 1000 travailleurs au total) comme étant des personnes entretenant la « gréviculture » et donc, s’ils ont osé exprimer leur colère, alors on est en droit de dire que leur mouvement n’est que légitime.

Tout comme je peux vous certifier que les nombreux problèmes ne se limitent pas à ce cas dont voudrait nous réduire l’autorité mais que le mal est bien plus profond, plus complexe et qu’il est la conséquence inévitable d’une déshumanisation du travailleur et de la pénibilité qui est liée à sa charge quotidienne de travail.

Bien loin de moi l’intention de stigmatiser une personne pour incarner le mal dont souffre cette institution, permettez-moi de vous dire que la guérison ne passera uniquement qu’à travers une démarche pragmatique de ce que cette autorité exprime lorsqu’elle parle de dialogue social.

Mais contrairement à ce que cette dernière traduit dans les faits, la CGSP-Admi que je représente n’exige la tête de personne mais souhaite sincèrement et pratiquement, revenir à un dialogue social efficace, équilibré et de qualité et ce, dans le respect de tous notamment pour les acteurs de terrains.

A bon entendeur.

Pascal DOULIEZ