Communiqué de Presse:

Depuis quelques semaines, nous découvrons par presse interposée que la présidente du CPAS de Tournai fait le mauvais procès d’une partie des travailleurs statutaires de son institution en expliquant en autre que ceux qui se trouvent en fin de carrière se mettaient en « pensionnites » sous-entendant que les médecins traitant de ces travailleurs leur fourniraient des certificats de complaisances pour ne pas effectuer leurs prestations.
Tout d’abord, nous tenons à préciser qu’il est téméraire de remettre en cause le diagnostique de la personne qui pratique l’art de guérir et qu’ensuite, se positionner de la sorte, c’est aussi faire un procès d’intention aux travailleurs malades.

Nous en voulons pour preuve que depuis ces déclarations, un médecin contrôle a convoqué une travailleuse statutaire du CPAS qui était en rédemption d’une maladie et longue et grave. Il est évident que l’arrêt de travail a été confirmé par le médecin dont question et que cette personne a pu poursuivre sa longue et pénible convalescence. Inutile de vous préciser le traumatisme psychologique que cela a occasionnée chez cette personne et l’image qu’elle garde de son institution qui a imposé une telle mesure…

Nous pourrions vous citer encore une kyrielle d’exemples mais nous nous contenterons de vous dire que cette mesure a engendrée très peu de remise au travail et démontre dès lors que le postulat avancé par la présidente n’est peut-être pas erroné mais ô combien exagéré !

Bref, ce n’est pas en stigmatisant les travailleurs de son institution que l’on parvient à maintenir un dialogue social de qualité.

La deuxième attaque en règle sur les statutaires du CPAS concerne le montant des cotisations de responsabilisation.

Pour rappel, ces cotisations servent à alimenter la caisse des pensions des fonctionnaires des pouvoirs locaux et donc, est-il anormal qu’un employeur doive cotiser pour la pension de ses travailleurs ?
Ensuite, pourquoi les cotisations de responsabilisations ont-elles été mises en place ?

Tout simplement pour assurer la survie de la caisse des pensions de ces fonctionnaires car la plupart des communes profitaient de la solidarité des autres pouvoirs locaux pour assumer les pensions de leurs propres travailleurs. Et donc, sans la mise en place de ce système, cette caisse des pensions seraient vides depuis bien longtemps et ce, notamment lié au fait que certaines communes et CPAS n’ont pas eu de réelle politique de nominations pendant des années.

Bref, en ce qui concerne le CPAS de Tournai, le taux de statutaires n’est plus que de 35 % et donc, pour ce qui est des « pensionnites », cela ne concernerait que les travailleurs en fin de carrière parmi ces 35% et pour ce qui concerne les cotisations de responsabilisation, elles ne sont que la conséquence des choix politiques de cette institution.

Et même si nous pouvons rejoindre la présidente du CPAS sur certains points (explosion de RIS, politique fédérale, etc…), nous aurions aimé qu’elle ait autant de courage à dénoncer la mauvaise gestion politique qui régnait au CPAS de Tournai depuis presque deux décennies qu’elle en a eu à s’attaquer à une certaine catégorie de travailleurs.

Devons-nous rappeler que le détournement de plusieurs millions d’euros dont ne s’était rendu compte aucun mandataire dirigeant du CPAS a engendré une vague de licenciements collectifs sans précédent ?
Devons-nous rappeler que par choix politique, le produit de la vente de la régie des eaux n’a servi qu’à la construction d’un stade de foot en lieu et place de projets sociaux ? Ne dit-on pas gérer, c’est prévoir ?
Devons-nous rappeler que le CPAS en arrive à revendre son patrimoine parce que celui-ci n’a jamais été entretenu dont notamment une bonne centaine de logements inhabitées et inhabitables ?

Madame la présidente déclare également que ceux qui restent se crèvent à la tâche et que la responsabilité incomberait aux malades…Doit-on lui rappeler que si le personnel se crèvent à la tâche, c’est parce qu’il est en sous-effectif depuis la vague de licenciements et rien qu’à la régie des biens et travaux, le personnel est passé de 55 travailleurs en 2012 pour n’être plus qu’environ une trentaine aujourd’hui…reconnaissant elle-même la perte de 88 travailleurs depuis 2015 !

En conclusion, nous pouvons entendre et comprendre les inquiétudes concernant l’avenir du CPAS car cette réalité se rappelle à nous dans tous les CPAS de la région dans lesquelles nous négocions également. Mais avancer qu’une catégorie des travailleurs en est la cause principale est un raccourci que nous ne pouvons accepter et que nous dénonçons avec force.

De plus, lorsqu’on souhaite un dialogue social constructif afin de trouver des solutions ensemble, on évite non seulement de négocier par presse interposée mais surtout de laver son linge sale en public tout accusant les autres d’avoir sali son slip.

Pour la CGSP-ADMI
Pascal DOULIEZ
Secrétaire régional.

 

 

https://www.nordeclair.be/468731/article/2019-11-07/cpas-de-tournai-la-cgsp-ne-digere-pas-la-pensionite?fbclid=IwAR0t9Up6d7K2wb0op0j6G58z0kIpai5g8QuG3ZMoGmq6LphE_h92Rof1dZ0

 

 

Actualité No Télé 2015

https://www.notele.be/it18-media36869-la-cgsp-admi-se-porte-partie-civile-contre-le-cpas-de-tournai.html?fbclid=IwAR3cCdRNIXz8NEG6IY4AlXuo9JVXqLa7W3BJ2Ewl7cAQHpTeMZ5auFsSGMs